Avant tout, je fabrique des objets. 

 

J’élabore des installations, des vidéos et des sculptures aux formes éclectiques, teintées par le processus de création déployés en amont. Mes réflexions se forgent dans les interstices où dialoguent la Grande et la petite histoire. À l’intérieur de stratégies de réappropriations, je détourne dans l’espace artistique des artefacts, des faits politiques/géographique/historiques, ainsi que la documentation bureaucratique encadrant la réalisation de mes projets. Cela donne lieu à des propositions esthétiques qui offrent une certaine distorsion de codes visuels puisés à l’extérieur du champ de l’Art. Ces référents renvoient de manière non-exhaustive à une fascination pour la guerre ; les zones militarisées ; l’esthétique industrielle manufacturée en lien avec le faire et le savoir-faire, ainsi qu’à des expérimentations d’ordre scientifique. 

 

Mon travail est traversé par un intérêt marqué pour le processus entourant la concrétisation de mes projets. Le plaisir évident que j’accorde à la réappropriation de techniques et de procédures bureaucratiques parfois laborieuses tend à déplacer la forme et le temps de l’œuvre. Il est ainsi parfois question de comprendre les gestes convoqués derrière un savoir-faire précis. Ces derniers sont ensuite mis au service d’une proposition où culture industrielle et culture artisanale se voisinent, se confondent et se neutralisent.  De la même manière, une réelle fascination pour les démarches officielles ; demandes d’attestations ; octroies de permis ; obtention de certificat et autres procédures bureaucratiques influencent mon travail, et sont de plus en plus donnés voir dans mes propositions. Ma considération pour ces démarches déséquilibre leur importance par rapport à l’œuvre finale, et donne par moment au passage un ton presque performatif  au travail.  Sous cet angle, ma pratique courtise avec des notions héritées de l’art contextuel. Mon travail est souvent l’occasion de questionner le caractère autonome de l’œuvre, autant que le rôle du contexte et du regardeur pour l’affectation/la confirmation/la consécration de cette dernière en tant qu’oeuvre.